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20 décembre 2006 3 20 /12 /décembre /2006 23:51
Cela fait un moment que cela me turlupine: Mais comment se fait il que le son tube donne systématiquement l'impression d'être plus fort que le son silicium?

Au début j'ai cru que c'était un effet de mon imagination; et puis c'est toujours le même scepticisme, on se dit, mais est-ce que c'était vraiment réglé pareil? Au cours d'un essai avec Xavier, on avait pourtant bien calibré sur une même charge pour avoir la même puissance à l'écoute sur toute la gamme de fréquences audibles. Et, même les yeux fermés, la chaîne à lampes donnait toujours la sensation de délivrer plus de watts que la version silicium. Mince alors !

Il est clair que la dynamique de nos montage à lampes dépasse d'une bonne encolure nos systèmes silicium, mais on n'est pas stupides au point de confondre volume sonore et dynamique, quand même!

C'est au cours d'un essai chez un ami intéressé par nos travaux qu'une explication m'a sauté au nez ! Regardons les choses en face: lorsque l'on repasse du son tube au silicium, on a la désagréable impression qu'un voile a été jeté sur la musique. C'est tout flagada (ça, on pourrait parler de dynamique) et puis... on a l'impression qu'il y a du "bazard" qui se superpose à la musique et qui mélange un peu l'environnement sonore: on n'a plus une aussi bonne dissociation des instruments, voix, etc.

A chaque fois, cela me fait le même effet, c'est un peu comme si le silicium "roulait des épaules pour épater" en rajoutant quelque chose au "son pur" (du moins celui qu'on a encore dans l'oreille depuis l'écoute du son tube). Soyons honnêtes, parfois cela donne un effet sympa, comme par exemple sur la techno/rave et tous ces sons purement électroniques (quoique parfois le tube s'avère encore gagnant sur ce terrain-là).

D'un autre côté, on connait tous cette explication selon laquelle les tubes présentent une non-linéarité favorisant les harmoniques paires , c'est à dire que l'amplification d'une fréquence f génère des parasites à 2f, 4f, 8f ... Et, tout musicien vous expliquera que multiplier par deux une fréquence revient naturellement à l'élever d'une octave, ce qui reste dans la gamme du morceau. En d'autres termes, les fréquences parasites sont en harmonie - au sens musical du terme - avec le signal pur (pur, c'est à dire s'il était amplifié idéalement sans parasite). Du côté silicium, ce sont surtout les harmoniques impaires qui apparaissent, et malheureusement, elles retombent vraiment rarement dans la gamme musicale du morceau joué.

Alors où est-ce que je veux en venir ?

Patience on y est presque ! Parlons de "rendement musical", un rapport fictif que j'invente juste pour l'explication: il s'agit du rapport puissance (en Watt) utile pour le message musical, sur puissance (en Watt) envoyée dans les enceintes.

Du côté silicium, nous avons aujourd'hui des performances époustouflantes sur le marché : on nous assomme de taux de distorsion ultra-faibles, etc. Pourtant, en superposition du message musical de l'artiste, on arrive encore à distinguer une part de "quelque chose" qui mélange l'environnement sonore - ce que j'avais appelé tout-à-l'heure "rouler des épaules".

Quoiqu'il en soit, ce qui est rajouté ne va pas dans le sens de l'effet musical harmonique que l'auteur du morceau avait écrit sur sa partition. En d'autres termes une partie de la puissance émise dans les haut-parleurs est perdue pour faire un son qui ne nous intéresse pas. A la limite, si ce brouhaha était du bruit blanc, on n'en serait peut-être même pas fâché... Bref, ici, le rendenment musical est bon, et seulement bon (soyons honnêtes ce n'est quand même pas si mauvais!).

Vous me voyez arriver avec mes gros sabots ?

Du coté lampes, il y a aussi des parasites du même type que le silicium, faudrait pas rêver. Mais l'essentiel des non-linéarités et parasites, qui se surperposent au message musical, sont, par principe, en harmonie avec lui. Donc, s'ils n'ont pas forcément été écrits par le compositeur, ou s'ils n'ont pas forcément été joués sur scéne ou en studio, ces parasites restent dans la gamme musicale du morceau: ils restent en majorité dans la phrase musicale ! L'auditeur ne sait donc pas dissocier ces notes supplémentaires du message musical, et c'est normal puisque le tube a tout laissé en harmonie. Résultat des courses, le rendement musical de la chaîne à lampes semble supérieur pour nos oreilles.

En d'autres mots, c'est comme si l'énergie perdue par le silicium à faire du brouhaha (non-musical) était mise à profit côté lampes pour rajouter des notes dans la gamme harmonique du morceau. Génial non?

Au final, si l'on suit mon raisonnement, les phrases musicales sortant plus fort sur les lampes que sur le silicium (puisque le rendement musical est meilleur), cela expliquerait l'impression de niveau sonore plus élevé avec les tubes électroniques.

Voilà donc ma théorie sur ce phénomène. Je n'ai pas encore trouvé le moyen de la confirmer ou l'infirmer, mais faute de mieux, c'est l'explication la plus probable. Sans compter son côté plutôt séduisant, non ?

Pour pousser encore cette idée, j'ajouterais qu'à la limite, si l'ampli à lampes présentait une non-linéarité (paire, évidemment!) vraiment plus importante, cela ne devrait pas être si gênant que ça pour le rendu musical.
Mince ! Et nous qui mesurons la qualité de nos amplis HiFi avec un taux de distorsion ! Je crois bien qu'on n'a rien compris au film :(

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Published by Christophe FLOUZAT - dans DIY audio
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